En Suisse, le « rachat d’or » (vente de votre or à un professionnel) suit un cadre assez structuré. Je te résume le déroulement concret, étape par étape, en restant pragmatique et orienté pratique.
1. Ce que les acheteurs d’or reprennent
En général, tu peux vendre :
- Bijoux en or (bagues, chaînes, bracelets, boucles d’oreilles, montres en or…)
- Pièces d’or (Vreneli, Napoléons, Krugerrand, etc.)
- Lingots d’or
- Or dentaire (parfois)
- Débris d’or (bijoux cassés, chaînes tordues, etc.)
Ils s’intéressent à la quantité et la pureté d’or, pas à l’aspect sentimental de l’objet.
2. Comment se déroule la visite chez l’acheteur d’or
En boutique ou chez un comptoir spécialisé, le process ressemble à ça :
- Accueil et tri des objets
Tu poses tout ce que tu veux vendre sur la table.
Le professionnel trie par couleur et par type (jaune, blanc, rose, pièces, lingots, etc.). - Recherche de poinçons (carats)
Il cherche les poinçons qui indiquent le titre de l’or :- 8 carats ≈ 333 ‰
- 14 carats ≈ 585 ‰
- 18 carats ≈ 750 ‰
- 22 carats ≈ 916 ‰
- 24 carats ≈ 999 ‰ (or quasiment pur)
- Pesée sous tes yeux
Chaque catégorie (par carat) est pesée devant toi sur une balance de précision.
C’est un point important : jamais accepter qu’on emporte tes bijoux « derrière » sans toi. - Test de l’or (si doute)
Si le poinçon est illisible ou absent, le professionnel peut faire :- un test à l’acide sur une pierre de touche
- parfois un test électronique ou spectrométrique
L’objectif : vérifier que c’est bien de l’or et à quel titre.
- Calcul du prix
Pour chaque lot, il calcule :- poids net (en grammes)
- × pureté (carat)
- × cours de l’or du jour
- − sa marge (sa commission)
Tu obtiens un prix final proposé, souvent détaillé par carat (ex. 18k, 14k…).
- Proposition & négociation éventuelle
Le prix est annoncé.
Tu peux :- accepter
- refuser
- ou aller comparer ailleurs (ce qui est souvent une bonne idée si tu as beaucoup d’or).
- Paiement
En Suisse, selon le montant :- petites sommes : souvent cash possible (à vérifier, car les règles anti-blanchiment peuvent limiter le cash au-delà d’un certain montant)
- sommes plus importantes : souvent virement bancaire ou parfois chèque bancaire.
3. Documents et cadre légal en Suisse
Pour des raisons de lutte contre le blanchiment d’argent, les professionnels sérieux te demanderont :
- Une pièce d’identité (carte d’identité, passeport, permis de séjour)
- Parfois une adresse et une signature sur un reçu ou un contrat
- Dans certains cas, des questions basiques sur la provenance de l’or (héritage, bijoux personnels, etc.) si les montants sont importants
En échange, tu dois recevoir au minimum :
- Un reçu ou contrat indiquant :
- date
- identité de l’acheteur
- poids et type d’objets
- prix au gramme
- montant total payé
Garde toujours ce document pour ta comptabilité personnelle ou en cas de questions fiscales.
4. Comment est fixé le prix de rachat
Le professionnel se base sur :
- Le cours international de l’or
- Coté en dollars US par once troy (31,1035 g)
- Converti ensuite en francs suisses et en CHF/gramme
- La pureté de l’or
- 18 carats = 75 % d’or
- 14 carats = 58,5 % d’or, etc.
- Sa marge et ses frais
- Raffinage, transport, risques, frais fixes de la boutique
En pratique, tu n’obtiens jamais 100 % du cours brut, mais un pourcentage de celui-ci.
D’où l’intérêt de comparer plusieurs acheteurs si le montant est significatif.
5. À quoi faire attention pour ne pas se faire avoir
Quelques réflexes simples :
- Toujours exiger la pesée sous tes yeux
- Vérifier que la balance est bien à zéro avant qu’on pose tes bijoux
- Demander le prix au gramme pour chaque carat (ex. 18k, 14k, etc.)
- Te méfier des offres “trop belles” vues sur Internet ou en pub agressive
- Privilégier des acteurs installés, avec :
- une vraie adresse
- un site clair
- des mentions légales
- des avis clients crédibles (pas seulement 3 avis Google copiés-collés)
Pour des bijoux de marque (Cartier, Rolex, etc.), parfois il est plus intéressant de les vendre comme bijoux de seconde main à un joaillier ou une maison de vente plutôt qu’au poids de l’or.
6. Fiscalité : dois-tu déclarer quelque chose ?
En Suisse :
- Si tu vends des bijoux personnels que tu possédais déjà, ce n’est en général pas imposé comme un revenu ordinaire.
- En revanche, si tu es commerçant en métaux précieux ou que tu fais de l’achat-revente régulier, on entre dans une autre logique (activité professionnelle à déclarer, comptabilité, etc.).
En cas de vente d’un montant important, ça reste une bonne idée d’en parler à ton fiduciaire ou ton conseiller fiscal pour être sûr d’être aligné.
7. Checklist rapide avant de vendre ton or
- Regrouper tous tes bijoux/objets en or
- Séparer ce qui a peut-être une valeur sentimentale ou de marque
- Relever les poinçons (333, 585, 750, etc.)
- Vérifier le cours de l’or du jour (pour avoir un ordre de grandeur)
- Faire au moins 2 à 3 devis chez différents acheteurs
- Garder tous les documents remis lors de la vente
Lire https://gs-fils.ch/achat-or/ pour en savoir plus !